Ce grand ensemble, héritier d'un urbanisme utopique, doit faire l'objet d'un vaste programme de rénovation et de transformation sociale. Un projet aux ambitions louables, mais qui inquiète les habitants et les défenseurs du patrimoine.

Par Grégoire Allix Publié aujourd'hui à 10:22, mis à jour à 10.2 am

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Le promoteur Altarea Cogedim, responsable de la transformation de six des dix-huit tours Nuages ​​Nanterre (Hauts-de-Seine), présente des bâtiments bas occupés par des services, des espaces de travail partagés et d'autres activités. Le promoteur Altarea Cogedim, responsable de la transformation de six des dix-huit tours Nuages ​​Nanterre (Hauts-de-Seine), présente des bâtiments bas occupés par des services, des espaces de travail partagés et d'autres activités. Altarea Cogedim

Au 35ème étage, dans son atelier aux trois hublots en forme de goutte d’eau, Roger des Prés regarde les tours Les nuages: de drôles de gratte-ciel aux couleurs du ciel et de la forêt, tout en courbes et en plis, étalés dans un parc boisé, percé au hasard des fenêtres en cercles, sur des places ou en larmes … "Poésie pure", ce locataire insolite excite. Figure de Nanterre (Hauts-de-Seine), où il anime La Ferme du bonheur, friche culturelle alliant création, lien social et agriculture urbaine, Roger des Prés est également un fervent défenseur de ce grand ensemble, signé par l'architecte Emile Aillaud, qui menace de menacer un collectif de résidents et de spécialistes du patrimoine.

La proximité du quartier des affaires de la Défense renforce le soupçon d'expulsion des plus vulnérables en faveur des plus riches

Les tours de nuages ​​de Nanterre, monument de la conception urbaine utopique des «trente glorieuses» et des problèmes sociaux concentrés situés au pied du Temple de la Défense, entrent dans une phase délicate de rénovation urbaine et de transformation sociale. Un programme à long terme, avec une double ambition: appliquer les normes actuelles de confort thermique à ces dix-huit tours mal isolées, dont les façades s’effritent, les enveloppent dans une armure de métal. Et introduisez la diversité et une variété d’applications dans cette chaudière de 1 600 logements sociaux, avec un tiers des tours converties en habitations et activités privées.

Sur le papier, une ambition louable et une approche de compromis. En réalité, un programme explosif. La proximité du quartier des affaires renforce le soupçon d'expulsion des plus vulnérables en faveur des plus riches, qui pèsent lourdement sur tous les programmes de rénovation urbaine. Et les habitants historiques, passionnés par le travail d'Emile Aillaud, se sentent investis d'une mission: défendre une utopie qui fait leur fierté.

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"Nous ne voulons rien emménager. Cela fait vingt ans que nous demandons une rénovation, mais la ville et les promoteurs veulent chasser les habitants de ce quartier pour en faire une extension de la Défense", dénonce un animateur du collectif, sous condition d'anonymat. "Nous sommes attachés au patrimoine et à l'architecture, mais aussi à la société qui vit dans ce quartier" dit Roger des Prés.

Construits entre 1973 et 1981, les dix-huit tours de 7 à 38 étages sont habillées de mosaïques en petits carreaux de pâte de verre, signées du peintre Fabio Rieti, gendre d'Aillaud. A leurs pieds, une plaque piétonnière et un parc tout en ondulations, plantés de centaines d'arbres et de sculptures ludiques.