Interrogé mardi par Jean-Jacques Bourdin, la ministre Denormandie a défendu le secteur immobilier, accusé d'avoir "surchargé l'État" et de "créer peu d'emplois". "Aujourd’hui nous manquons à plus de cent mille habitations dans notre pays, de nombreuses activités sont liées à l’immobilier et j’appuie fortement les promoteurs et les propriétaires et essaie de protéger avec une grande détermination les locataires", a déclaré Julien Denormandie.

Bien que le président Emmanuel Macron n’ait pas fermé la porte à l’impôt sur la plus-value des biens immobiliers en raison de la vente d’une résidence principale, son ministre chargé du logement n’était pas favorable. Cette annonce a provoqué la panique parmi les groupes d’intérêts de propriétaires qui ont répété le caractère constitutionnel des droits de propriété pendant deux semaines.

La réaction ministérielle de ce matin n'a pas semblé rassurer les propriétaires: "Je ne sais pas si nous pouvons dire que nous sommes rassurés, le ministre n'est pas le seul décideur, mais nous espérons qu'il parviendra à convaincre l'État" a déclaré Pierre Hautus, directeur général de l'Union nationale des promoteurs immobiliers (UNPI), interrogé par Batiactu.

Vers une réorientation de la taxe foncière?

Pour l'avocat plutôt "un arrêt total de la taxe sur le logement", Julien Denormandie a toutefois précisé qu'une "réorientation" de la taxe foncière pourrait réconforter les élus, peu à peu privés du revenu de la taxe d'habitation. "C'est une option qui est sur la table et il faut vraiment regarder, des discussions sont en cours mais pourquoi pas", a suggéré la ministre du Logement. Le grognement des vestes jaunes a révélé une certaine contrariété devant les nombreuses échappatoires fiscales qui coûteraient au gouvernement des dizaines de milliers de dollars par an. Des appareils avantageux qui ressemblent beaucoup au secteur immobilier et que Julien Denormandie dit vouloir toucher "le moins possible".

Dans le prolongement de "bâtiments de meilleure qualité et moins chers", le ministre a estimé que "certains dispositifs sont très utiles, mais lorsqu'une mesure n'est pas utile, elle devrait pouvoir être révisée". "Il a toutefois averti que les avantages fiscaux existants ne seraient pas du tout ou presque pas.

Un sujet que la Confédération nationale du logement défend, préconisant l'élimination des échappatoires fiscales en matière d'investissements locatifs. "Il y a deux ans, les propriétaires privés avaient dépensé 2 milliards d'euros en budget, sans mesurer leur efficacité", s'est plaint Batiactu Eddie Jacquemart, président des LNC. Toutefois, ce dernier ne commente pas la pertinence de l’imposition des gains en capital sur la vente de la résidence principale.

Pour l’UNPI, les simples annonces de "coup de plan" sur les avantages fiscaux ont déjà des conséquences néfastes pour les bénéficiaires: "La psychologie de l’immobilier et les propriétaires sont très affectés, il est très difficile d’entendre que nous serions tous des rentes, que nous n’avons pas travaillé pour acquérir un bien immobilier ou que quelqu'un change de résidence chaque année pour atteindre une valeur ajoutée ", conclut Pierre Hautus.