Réduire les dépenses du gouvernement, oui, mais au bon endroit

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La réduction des dépenses publiques est au centre du grand débat, mais conduit souvent à des réponses simplistes consistant à crier des haro sur le service public. Près de 14 milliards d’euros pourraient être économisés grâce au non-remplacement des fonctionnaires, à l’allongement de leur temps de travail, au gel des salaires et à la suppression de certaines indemnités, mais c’est une vision de la comptabilité que de partager de la masse salariale dans les services publics est réduite sans dégrader la qualité de service.

Les clés de notre crédibilité budgétaire ne résident pas dans le respect des règles européennes, mais dans notre capacité à corriger certaines sources d’inefficacité.

Il oublie que notre crédibilité budgétaire ne réside pas dans le respect mécanique des règles européennes ad hoc, mais dans notre capacité à identifier et à corriger des sources spécifiques d’inefficacité dans une économie désormais mixte, publique et privée.

Si vous regardez de plus près, le désordre le plus évident n’est pas du côté attendu. Les 6 milliards d'honoraires de gestion pour des organisations de santé supplémentaires sont des duplications inutiles de la sécurité sociale, dirigées par un secteur privé cinq fois moins efficace que le secteur public en termes de ratio revenus / frais de gestion. Cette découverte a conduit le Prix Nobel d'économie Jean Tirole à donner la possibilité en 2014 de supprimer ces organisations dans un rapport du Conseil d'analyse économique, une proposition de Martin Hirsch.

Un crédit d'impôt inefficace pour la recherche

Le désordre le plus évident n'est pas du côté attendu. Les 6 milliards de frais de gestion pour des organisations de santé supplémentaires sont des duplications inutiles de la sécurité sociale, dirigées par un secteur privé cinq fois moins efficace que le secteur public en termes de relation entre les frais de service et les frais de gestion. Cette découverte a conduit le lauréat du prix Nobel Jean Tirole à discuter de la suppression de ces organes dans un rapport du Conseil d'analyse économique, une idée adoptée par Martin Hirsch l'année dernière. Que peut-on dire des 30 milliards de cours de formation professionnelle que la Cour considère comme "largement inappropriés" et qui bénéficient principalement à la fraction de la population déjà formée et travaillant dans de grandes entreprises? Sans parler du "manque de transparence" et du "coût élevé" de ces dispositifs, termes modestes utilisés par la Cour et similaires au financement secret des syndicats.

Pouvons-nous encore réduire les dépenses publiques sans affecter la qualité des services publics et le niveau des avantages sociaux? Une analyse réalisée par France Stratégie permet d'identifier les routes en répartissant le montant des dépenses publiques en France sur une dizaine de positions pour les comparer à la moyenne européenne.

Si nous omettons le poids des prestations de retraite du fait de notre choix collectif en faveur d’un système entièrement public de répartition, la différence la plus importante se voit dans les subventions post-subventions et dans l’économie.

Ce n'est pas surprenant. La France, par exemple, est le champion des subventions de recherche privées grâce à son "crédit d'impôt à la recherche", qui permet aux entreprises de facturer aux contribuables un tiers de leurs dépenses de recherche; un don fiscal de 6 milliards avec un résultat maigre, l'Allemagne continuant de creuser l'écart en matière de recherche et développement alors qu'elle n'avait pas encore mis en place un tel dispositif. Troisième rang de ce classement, l '"aide sociale" peut effectivement lutter contre la pauvreté, mais reste dans la bonne voie dans des domaines tels que le logement – les chiffres de l'Insee ou de la Fondation Abbé Pierre sur le logement de médiocre n'ont jamais cessé de reléguer.

Les coûts politiques

L'analyse économique montre que ces incitations fiscales et avantages sociaux ne sont justifiés et efficaces que s'ils sont ciblés. Le soutien à la recherche privée est bon pour les PME et le secteur privé, mais à quoi sert un crédit d’impôt pour aider les grandes banques françaises à développer leurs modèles financiers? Réduire le fardeau sur le SMIC réduit le chômage, mais une grande partie des 25 milliards de "crédits d’impôt compétitifs sur l’emploi" se concentre sur des revenus plus élevés et sera perdue en augmentations de salaire, ce qui explique pourquoi ce dispositif n’a pas fonctionné. n'a eu aucun effet sur nos exportations.

Un autre exemple remarquable est que la majeure partie des 13,5 milliards de dollars de subventions au loyer est absorbée par des loyers plus élevés pour les propriétaires, et nous n’avons pas la possibilité de discuter ici du gaspillage des avantages fiscaux liés à l’accession à la propriété. investissement locatif. Les réformes discutées ici ont longtemps été identifiées, mais restent absentes du grand débat. Peut-être à cause de leurs coûts politiques?

Frédéric Cherbonnier est professeur à Sciences Po Toulouse et chercheur à la Toulouse School of Economics.